Les stéréotypes sexistes à l’école

Nous définissons ici brièvement quelques notions. Pour en savoir plus, référez-vous à la section Interactions avec l'enseignant-e.

Le curriculum caché

Le curriculum caché, aussi appelé "programme caché d'inégalités", renvoie à un ensemble de pratiques et de savoirs non perçus par les enseignant-e-s et les élèves. Il échappe donc à leur conscience. Ce curriculum caché agit en marge du programme officiel à travers la présence de stéréotypes dans le matériel didactique et le traitement différentiel des élèves lors des interactions entre enseignant-e-s et élèves.

Pour plus d'informations, consultez "Se réaliser dans l'égalité, document à l'usage des enseignants de Suisse romande".

 

Le traitement différentiel

Sans en être conscient-e-s et quel que soit leur sexe, les enseignant-e-s, tout en étant persuadé-e-s d'être neutres, traitent en réalité leurs élèves en fonction de stéréotypes sexistes. Le curriculum caché inclut un traitement différentiel des élèves selon qu'il s'agit d'une fille ou d'un garçon.

Par exemple, les garçons reçoivent plus d'informations et de feedback (positifs et négatifs) que les filles et es enseignant-e-s leur posent plus de questions ouvertes. 

Les enseignant-e-s ont également des attentes différentes envers les filles et les garçons. Les attentes, de même que les jugements et évaluations, tendent à fonctionner comme des prédictions auto-réalisatrices, c'est-à-dire qu'elles produisent des effets réels sur les comportements, attitudes et performances des élèves. On appelle cela l'effet Pygmalion. Bref, ils ont un impact sur les trajectoires scolaires. On a ainsi montré qu'un-e élève a de fortes chances de progresser si l'enseignant-e le ou la croit doué-e.

 

La division socio-sexuée des savoirs

Les garçons choisissent de manière privilégiée les filières scientifiques et les filles les filières littéraires. A travers des filières différenciées et hiérarchisées s'opère une division socio-sexuée des savoirs qui a des conséquences importantes (voir ci-dessous la menace du stéréotype).

Cette division socio-sexuée des savoirs se prolonge en une division socio-sexuée du travail professionnel et familial.

 

La menace du stéréotype

Le stéréotype constitue une menace pour l'identité de la personne. Dès lors, face à cette menace du stéréotype, les conséquences sont :

  • une baisse des performances
  • une sélection et une censure sociale
    • Sélection sociale : les jeunes femmes sont moins nombreuses dans les secteurs qui restent porteurs de débouchés (les emplois dans les secteurs exigeant des compétences scientifiques et techniques sont plus stables, reconnus et mieux rémunérés) car elles intériorisent, inconsciemment, le stéréotype selon lequel les métiers scientifiques sont "masculins". A l'inverse, les jeunes hommes sont moins nombreux dans le secteur des soins de la personne car c'est un domaine où on attend des compétences "féminines" (écoute, sollicitude, dévouement...).
    • Censure sociale : renoncer à certains choix sans en avoir conscience. Ces choix différents entre les filles et les garçons ont des répercussions directes sur l'insertion professionnelle. Les stéréotypes associent souvent les femmes à des métiers dévalorisés socialement et économiquement, et en lien avec les activités "domestiques" comme les soins, l'éducation, ce qui n'incite pas les garçons à choisir ce type d'orientation. En effet, les garçons aussi sont victimes de ce processus de censure sociale. 

Pour en savoir plus, consultez le guide "Girls Day Boys Day" et l'article de Françoise Vouillot, "L'orientation, le butoir de la mixité", Revue française de pédagogie 171, p. 59-67.