Construction de l’identité de genre de l’enfant

  • La notion de construction d'identité de genre fait référence à la manière dont l'enfant prend conscience qu'il est un garçon ou une fille et apprend à le gérer. 
  • L'expression de genre renvoie à la manière dont les personnes expriment leur identité de genre (vêtements, coiffure, langage, attitudes...) et à la manière dont celle-ci est perçue par les autres.

 

Avant la naissance

Dès avant sa naissance, grâce à l'imagerie prénatale, les parents créent un environnement particulier selon que le bébé est annoncé fille ou garçon : le choix des couleurs de la chambre, des premiers vêtements, des petits jouets...

 

Bébé

  • Le bébé est porté et allaité différemment selon qu'il est fille ou garçon.
  • Les mères développent des expressions faciales plus variées et plus intenses envers leur fille, elles lui parlent différemment... Il en résulte que, à 1 an, les filles seront capables de manifester une plus large gamme d'émotions et que les garçons s'habituent à nier leur ressenti. La seule émotion valorisée chez le garçon est la colère qui, a contrario, sera réprimandée chez une fille.
  • Les parents stimulent davantage physiquement un bébé de sexe masculin et sous-estiment les capacités physiques de leur fille. 
  • Les parents jouent et interagissent différemment avec leurs enfants en fonction de leur sexe. Ils présentent des poupées aux filles et des voitures aux garçons, tolèrent l'agressivité chez les garçons mais pas chez les filles...
    • Regardez cette expérience menée par la BBC : un adulte pense qu’il garde la petite Sophie aujourd’hui, alors qu’il s’agit en réalité du petit Edward habillé d’une robe. Quel jouet va-t-il lui proposer ?

 

 

 

Enfance

Les parents ne sont pas les seuls à jouer un rôle dans la construction de l'identité de genre de l'enfant : son environnement social, dont la crèche et l'école, les médias, la publicité, mais aussi les produits qui lui sont spécifiquement dédiés (jeux, jouets, albums...) vont influencer cette identité en construction tout au long de l'enfance.

  • Vers 2 ans, les enfants comprennent qu'ils ont un sexe et font le lien avec ce que l'entourage attend d'eux. Leur capacité à pouvoir reconnaître le sexe des autres s'appuie sur des éléments extérieurs (longueur des cheveux, vêtements, jouets, port de bijoux...).
  • Vers l'âge de 3-4 ans, l'enfant évite tout ce qui est étiqueté comme appartenant au sexe opposé, convaincu-e que le fait d'être un garçon ou une fille dépend de ces signes extérieurs.
  • Vers 4-5 ans, l'enfant devient conscient que son sexe est stable au travers du temps, c'est-à-dire qu'il est maintenant le même que celui qu'il était lorsqu'elle ou il était bébé, et sera le même adulte. Les enfants vont alors, indépendamment de l'éducation reçue, se conformer aux stéréotypes de genre de manière presque caricaturale, devenant très rigides en termes de constance de genre.
  • Vers 6-7 ans, l'enfant possède la connaissance que le sexe dépend de l'appareil génital et est donc invariant malgré des changements dans l'apparence, la longueur des cheveux ou les activités pratiquées.
    • Dès lors, la face visible du sexe est l'appareil génital et non plus les indices socioculturels qui prévalaient jusque-là.  
    • L'enfant ne se contente plus de reconnaître une fille à ses cheveux longs et à sa robe rose, ni un garçon à ses cheveux courts et son T-shirt bleu. Il ou elle sait qu'il existe une différence anatomique.
    • L'enfant devient alors plus flexible face aux normes et codes sexués, il tolère le fait que des individus peuvent avoir envie de faire des choses habituellement pratiquées par des personnes du sexe opposé.

 

Adolescence

La puberté s'accompagne d'une nouvelle phase de rigidité vis-à-vis de l'identité sexuée. Les adolescent-e-s, face à un corps en pleine métamorphose, redeviennent plus conformistes et reprennent les codes sexués, voire les exagèrent. Ces codes sont renforcés par le monde des médias (émissions ciblées, presse spécialisée, jeux vidéos...) qui abusent des stéréotypes.

Ce n'est donc que si l'on a discuté auparavant avec eux de ce que les filles et les garçons peuvent faire, tant en termes d'activités sportives ou de professions, qu'ils auront conscience des stéréotypes attachés aux deux sexes et pourront plus facilement s'en détacher sans perdre confiance en eux ni remettre en cause leur identité.