Le traitement différentiel des élèves : une réalité scolaire ?

De nombreuses recherches, réalisées depuis les années 1980 dans la plupart des pays européens, ont mis en évidence que le curriculum caché inclut un traitement différentiel des élèves selon qu'il s'agit d'une fille ou d'un garçon. Sans en être conscient-e-s et quel que soit leur sexe, les enseignant-e-s, tout en étant persuadé-e-s d'être neutres, traitent en réalité leurs élèves en fonction de stéréotypes sexistes. Ces recherches portent d'une part sur les interactions verbales en classe et d'autre part sur les attentes et les évaluations des enseignant-e-s par rapport à leurs élèves.

 

Les garçons sont les plus sollicités

Les enseignant-e-s ont davantage d'interactions verbales avec les garçons. Elles et ils utilisent une plus grande variété de termes pour s'adresser à eux. De plus, ceux-ci reçoivent un plus grand nombre de remarques, d'encouragements, de questions et d'indications.

De manière générale, les institutrices et instituteurs remarquent davantage les garçons qui sont perçus comme plus bruyants, actifs... et nous avons déjà signalé que les garçons accaparent une bonne partie de l'espace verbal de la classe.

Par ailleurs, les enseignant-e-s ne se comportent pas de la même manière avec les garçons et les filles. Elles et ils connaissent moins bien les prénoms de celles-ci et perçoivent davantage les garçons comme des individualités. Dans le cadre du cours de mathématiques, on a montré que les garçons reçoivent plus d'informations, plus de questions ouvertes et plus de feed-back (positifs et négatifs) que les filles.

 

Des attentes différentes selon le sexe des élèves ? 

Les attentes du corps enseignant sont influencées par les représentations stéréotypées qu'il se fait des élèves. Un-e élève se voit attribuer, en fonction de son sexe, des dons, des compétences spécifiques mais aussi des rôles sociaux différenciés.

Les pronostics faits par enseignant-e-s du primaire sur la scolarité ultérieure de leurs élèves révèlent qu'à niveau de réussite comparable en mathématiques, elles et ils fondent moins d'espoir sur les possibilités des filles que sur celles des garçons. Ainsi, les connotations masculine des mathématiques et féminine de la lecture et de l'écriture peuvent peser sur l'évaluation des performances des élèves et sur leur orientation.

Les chercheuses et chercheurs ont relevé deux types de représentations du bon élève en mathématiques : 

  • les garçons réussiraient grâce à leur potentiel, à leur talent et à leurs compétences
  • les filles réussiraient grâce à leurs capacités de mobilisation (attention et efforts) et à leur travail

Pour plus d'informations sur les stéréotypes sexistes concernant les matières scientifiques, consultez le livret "Les femmes et les sciences : au-delà des idées reçues" réalisé par les associations françaises "Femmes et sciences", "Femmes et mathématiques" et "Association Femmes Ingénieurs".