Constats

En mathématiques, si les tests comme PISA montrent que les filles ont de meilleurs résultats que les garçons à l’école primaire, une étude montre qu’à (bons) résultats équivalents en mathématiques, 82 % des garçons et seulement 53 % des filles s’estiment capables de suivre des études scientifiques.

Aussi, des expériences mettent en avant le lien entre la confiance en soi et les résultats en mathématiques. Deux groupes d’étudiants composés à part égale d’hommes et de femmes doués en math ont été soumis à un même examen. Les chercheurs ont précédé l’examen d’un discours différent pour chacun des groupes. Dans le premier groupe, les chercheurs annoncent des résultats habituellement différents selon le sexe, alors que dans le second groupe, ils font état de résultats similaires. Dans le groupe qui avaient entendu les stéréotypes sexistes négatifs à l’égard des femmes, celles-ci ont beaucoup moins bien réussi l’examen que les hommes, certaines renonçant même à résoudre les problèmes les plus difficiles. Les hommes de ce groupe, par contre, améliorent leur performance. Dans le second groupe, les femmes réussirent l’examen presque aussi bien que les hommes. Les préjugés les affectent donc tous, pour le pire comme pour le meilleur. Pour plus d'informations, reportez-vous à  la section "Un traitement différentiel donne des résultats différenciés".

En informatique, le nombre d’étudiantes dans les pays européens, après une période de stabilisation autour de 15% des effectifs, s’est récemment mis à baisser. La représentation très masculine que les gens ont de cette discipline a contribué à cette baisse alors qu’en Asie, les chiffres montrent une situation inverse. Ainsi, la Faculté d’informatique et de technologie de l’information de Kuala Lumpur compte une majorité d’étudiantes et de responsables de départements et a à sa tête une doyenne. L’informatique est jugée comme une profession adéquate pour les femmes car il s’agit d’un travail de bureau, sans charges physiques ni risques, peu salissant et pouvant même se pratiquer à domicile. Pour en savoir plus, regardez le reportage réalisé par France 24 sur ce sujet :  

 

Constats

Interview d'Isabelle Collet sur les stéréotypes liés à l'informatique, à partir de 3'50''

Alors qu’à l’école primaire, on constate peu de divergences de résultats, l’entrée à l’école secondaire marque un tournant dans la relation que filles et garçons entretiennent à l’égard des maths et des sciences. 

« Les filles ne sont pas bonnes en math » est un adage erroné ancré dans la tête des élèves. Expérience : on donne 50 secondes aux élèves pour mémoriser une figure complexe, abstraite et sans signification (figure de Rey). Ils doivent ensuite la reproduire de mémoire sur une feuille de papier. Selon que le test est présenté comme un test de « géométrie » ou de « dessin », les résultats sont différents. Les filles du groupe « géométrie » produisent une performance inférieure à celle des garçons. Cette différence s'inverse dans le groupe « dessin ». Le simple fait de croire que le test présenté implique des compétences en mathématiques suffit donc à entraver la performance des filles, cela quel que soit leur niveau de performance dans ce domaine. 

Les filles ayant une moyenne supérieure à 14/20 en mathématiques n'échappent pas à ce phénomène, dont on imagine les conséquences dramatiques lorsque l'enjeu est un examen d'entrée à l'université. Pour réussir en mathématiques, les filles doivent donc surmonter un handicap psychosocial (et non biologique) auquel les garçons n'ont pas à faire face.