Stratégies

Maternelle

Changer le genre des personnages

Lors de la lecture à la classe d’albums où le genre des personnages n’est pas explicite (animaux, objets parlants…), vous avez l’opportunité d’utiliser les possibilités d’interprétation multiple de l’image et donc de changer le genre des personnages.

Par exemple, dans l’album « Petit Bleu », on raconte l’histoire d’un personnage masculin et de son ami. Toutefois les illustrations n’induisent en aucune manière le sexe des différents personnages de l’histoire. Vous pouvez soit modifier l’histoire en changeant le genre des personnages, soit demander aux enfants d’imaginer l’histoire et les personnages en fonction des illustrations.

 

Choisissez des albums de jeunesse reconnus pour le traitement égalitaire des personnages

Consultez la section consacrée aux albums de jeunesse ici.

 

 

Primaire

Battre en brèche les rôles stéréotypés

Montrer les deux sexes dans des activités non traditionnellement associées à l’un ou l’autre sexe afin d’ouvrir l’éventail des possibilités pour les filles et les garçons. Reprendre dans vos exemples grammaticaux des phrases comme : le père de Selma donne le bain au petit frère, madame Duclos enfourche sa moto. La prestidigitatrice sort un lapin de son chapeau, Philippe déteste le foot...

Ne manquez pas de consulter les documents du site "Les p'tits égaux" qui recèlent des trésors d’activités à réaliser avec vos élèves pour déconstruire les stéréotypes sexistes.

 

 

Proposer des lectures qui cassent les stéréotypes

Voir la liste des livres égalitaires dans la section consacrée aux albums de jeunesse.

 

Ecrire un conte qui permet de modifier les représentations des élèves

Plutôt que de centrer l'attention des élèves sur le genre, madame Dufour, institutrice à l'école fondamentale Daschbeck, a choisi de leur ouvrir le champ des possibles. Elle propose à ses élèves de 2ème primaire un chantier d'écriture de conte, activité classique en soi, leur offrant ainsi l'opportunité de mettre en scène des personnages peu habituels. Les élèves quelle que soit leur origine culturelle, leur vécu personnel avec les contes, ont eu l'occasion de modifier leurs représentations des contes et de casser les stéréotypes qui y sont liés.

Elle commence par demander aux élèves de définir un conte. Pour eux, il s’agit : 

-    d’une histoire racontée

-    qui se termine souvent bien,

-    et dans laquelle une princesse est sauvée par un prince.

Madame Dufour leur propose alors de partir à la rencontre des contes et la classe se rend chaque semaine à la bibliothèque Brand Whitlock. Là, les élèves écoutent une variété de contes. Outre les contes classiques, les enfants découvrent des contes actuels mais aussi des contes provenant d'autres contrées (Afrique...). Si l'origine culturelle des contes est variée, les héros et héroïnes le sont aussi : humains ou animaux, féminins et/ou masculins, adultes et/ou enfants.  

Dans un deuxième temps, les élèves ont élu leur conte préféré :  « La princesse et le dragon » Robert Munsch / Michael Martchenko, éditions Talents Hauts. 

Madame Dufour amène alors ses élèves à dégager le schéma narratif des contes :  situation initiale, quête ou problématique à résoudre, aboutissement de la quête ou résolution du problème.

L’ensemble des lectures servira de référent pour élaborer un jeu de cartes reprenant les personnages (son nom, ses caractéristiques physiques, ses traits de caractère, le monde où il-elle vit, le problème qu'il/elle rencontre, sa peur, son pouvoir, ses ennemis, ses alliés, ce qu'il/elle désire), 80 adjectifs qualificatifs, une série de 13 lieux d’action possibles et de 17 problématiques. Ce jeu de cartes est constitué de fiches, dessinées par les enfants, qui illustreront les éléments constitutifs des contes.

Isoler les qualités du personnage permet de créer des associations peu courantes : un héros peureux ou fatigué, une héroïne sale et échevelée,… Observez quelques-unes des fiches réalisées par les enfants. lien fiches

Lorsque le jeu de cartes est terminé, bien qu'ayant ouvert la palette des possibles, l'institutrice se rend compte que si les personnages féminins se sont multipliés dans des contre-emplois, ce n'est pas le cas pour les personnages masculins. 

Sur base de ces cartes, chaque élève pourra enfin raconter le début de son propre conte. 

 

 

Secondaire et supérieur

Analyser des œuvres de grandes écrivaines féminines à travers les différentes époques

L’étude de la littérature est le plus souvent confinée à la lecture d’auteurs masculins. Proposez également la lecture d’ouvrages écrits par des femmes de lettres francophones. Travaillez sur les œuvres, sur le rôle et la place des écrivaines dans la société de leur époque. Parmi les exemples d’écrivaines dont vous pouvez lire les livres en classe : 

  • Christine de Pisan (1364-1430) : poétesse française. Elle compose des recueils de poésies au sein desquels elle ne manque pas de plaider la cause des femmes.
  • Louise Labé (1524-1566) : poétesse française qui revendiqua pour la femme l'indépendance de pensée, la liberté de parole amoureuse et le droit à l'éducation.
  • Madame de Sévigné (1626-1696) : épistolière française. En particulier, l’impression dominante du style de Madame de Sévigné dans ses lettres, c’est le naturel. Son langage est vif, rapide, animé, clair, naturel.
  • Madame de Lafayette (1634-1693) : femme de lettres française. Elle publiait anonymement et avait le goût du secret. En effet, dans ses œuvres,  on remarque une obsession du secret.
  • Marie-Catherine d’Aulnoy (1651-1705) : écrivaine française. Elle a surtout écrit des contes de fées qui connaissent un grand succès auprès du public
  • Madame de Staël (1766-1817) : écrivaine française. Elle est attachée aux préoccupations politiques de son temps.
  • George Sand (1804-1876) : romancière, dramaturge, épistolière et critique littéraire française. Elle est prolifique dans tous les domaines de l'écriture : nouvelles, contes, pièces de théâtre, textes politiques et articles de presse.
  • Alexandra David-Néel (1868-1969) : écrivaine de nationalités française et belge.Ses écrits évoquent de courtes échappées enfantines qui l’emmenaient au-delà des murs de son jardin, traduisant une précoce volonté d’aller au-delà des limites imposées. C’est la même quête de liberté qui sera toute sa vie le moteur de son cheminement intellectuel. Dès sa majorité, elle luttera pour être libre en assurant son indépendance financière par l’écriture ou le chant lyrique. Orientaliste et tibétologue, elle a livré plusieurs récits de ses voyages en Asie.
  • Colette (1873-1954) : écrivaine, romancière française. Elle est la deuxième femme élue membre de l'Académie Goncourt en 1945, dont elle devient présidente, entre 1949 et 1954. Elle trouve sa place parmi les romancier-è-s régionalistes de l'entre-deux-guerres, avec ses descriptions de sa région natale, la Bourgogne.
  • Lucie Delarue-Mardrus (1874-1945) : poétesse, romancière française. Cette auteure a laissé un bon nombre de romans, de recueils de poèmes, de biographies, de mémoires, de contes, de nouvelles, de récits de voyage et de pièces de théâtre.
  • Nathalie Sarraute (1900-1999) : écrivaine française d’origine russe. Elle est l'une des figures du Nouveau Roman et publie L’Ère du soupçon en 1956.
  • Louise de Vilmorin (1902-1969) : auteure française. Elle publie plusieurs recueils de poèmes. Sa fantaisie se manifeste dans les figures de styles dont elle est friande, notamment les holorimes et les palindromes.
  • Marguerite Yourcenar (1903-1987) : femme de lettres française. Elle est romancière, nouvelliste, autobiographie, poète, traductrice, critique littéraire et essayiste. En 1929, elle publie son premier roman d'un style précis, froid et classique : Alexis ou le Traité du vain combat.
  • Simone de Beauvoir (1908-1986) : philosophe, romancière et essayiste française.Elle est souvent considérée comme une théoricienne importante du féminisme, et a participé au mouvement de libération des femmes dans les années 1970. En enfin, elle devient la figure de proue du féminisme en décrivant une société qui maintient la femme dans une situation d'infériorité.
  • Marguerite Duras (1914-1996) : femme de lettres, dramaturge, scénariste française. Elle est une auteure importante de la seconde moitié du XXe siècle. Les thèmes de ses romans sont les suivants : l'attente, l'amour, la sensualité féminine et l'alcool.
  • Jacqueline Harpman : écrivaine et psychanalyste belge. Elle a publié de nombreux romans et elle a écrit pour le théâtre.  
  • Marie Ndiaye : femme de lettres française. Elle a remporté le Prix Femina en 2001 pour Rosie Carpe, et le Prix Goncourt en 2009 pour Trois Femmes puissantes. Son œuvre et abondante et variée.
  • Andrée Chedid (1920-2011) : femme de lettres et poétesse française. Elle a écrit des nouvelles, des romans, des poèmes, des pièces de théâtre et de la littérature jeunesse. A travers ses œuvres, l’auteure se questionne continuellement sur la condition humaine. Elle a reçu plusieurs prix et quelques écoles lui rendent hommage en portant son nom.
  • Françoise Sagan (1935-2004) : femme de lettres française. Dès son premier roman « Bonjour Tristesse »publié à l’âge de dix-huit ans, elle devient célèbre. Elle a écrit des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre, des mémoires, des chansons et elle a même contribué à l’écriture de scénarios et de dialogues de films. En 1985, elle a reçu le Prix Prince-de-Monaco pour l’ensemble de son œuvre.
  • Assia Djebar (1936) : auteure algérienne de nombreux romans, essais, nouvelle et poésies. Elle écrit en français. L’auteure a également écrit pour le théâtre et a réalisé plusieurs films. Elle est considérée comme l’une des auteurs les plus influents et les plus célèbres du Maghreb. Dans certaines de ses œuvres, elle évoque la guerre d’indépendance algérienne et plus particulièrement le rôle des femmes dans ce conflit, leur claustration dans la société traditionnelle algérienne et leur désir d’émancipation. Elle témoigne de l’histoire des femmes d’Alger, du pouvoir patriarcal et de la colonisation.
  • Annie Ernaux (1940) : femme de lettres française. Son œuvre est essentiellement composée d’autobiographies. En 2008, elle a reçu le Prix de la langue française pour l’ensemble de son œuvre. A travers ses ouvrages, divers thèmes sont abordés : son mariage, l’ascension sociale de ses parents, sa sexualité et ses relations amoureuses, son avortement, son environnement, la maladie d’Alzheimer de sa mère, … L’auteure met en avant une écriture neutre, sans jugements : elle ne valorise, ni ne dévalorise les faits racontés.